Dernier billet du blog : « En avril ne te découvre pas d’un fil... » par sophie

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Auteur : sophie

Date : 14/04/2019

Bonjour, bonnet, écharpe et gants

 

Il a gelé en Val de Loire mais pas que. Véritable fléau pour les vignerons, le gel ne les épargne pas depuis plusieurs années. Alors pourquoi tant de pertes de récoltes ? Quel est l’impact du gel sur la vigne et surtout, quel est l’impact à ce moment là de son cycle végétatif ?

L’hiver, la vigne se repose et c’est à cette période que l’on en profite pour lui faire une petite beauté. Le vigneron coupe les branches qui ont porté les grappes de raisins. Pour permettre un repos complet et douillet pour l’hiver, et comme le ferait tout bon jardinier,  on taille pour préserver les végétaux de tout appauvrissement. Ne pas tailler, condamnerait la plante à s’épuiser pour nourrir l’ensemble de ses branches et ramifications.

 

Le début du cycle végétatif : le débourrage.

 

En dehors de cette période hivernale où la vigne dort, le cycle végétatif se décompose en plusieurs étapes : de l’apparition des bourgeons au printemps jusqu’à la maturation des grappes avant la vendange.

Au début du printemps, on dit que la vigne débourre. Au plus tôt le débourrement a lieu au mois de mars. Il s’agit du moment où le bourgeon se forme, on aperçoit d’ailleurs une pellicule verte en surface qui deviendra par la suite les feuilles de la vigne. Autant de bourgeons congelés par le gel, c’est autant de grappe de raisins qui n’existeront pas. Pour que le débourrement soit optimal, on estime qu’il doit avoir lieu sur une période continue,  pour éviter des écarts trop important de développement de la vigne, et donc rendre le travail plus complexe car les grappes risqueraient de ne pas « grandir » en même temps.

C’est le gel combiné aux premiers rayons du soleil qui condamne le bourgeon. Les pertes peuvent être astronomiques. Dans certains cas des parcelles complètes sont perdues.  La profession cherche alors depuis plusieurs années des solutions.

 

Limiter l’impact du gel

 

Les experts s’accordent sur un point, il faut trouver des solutions pour limiter l’impact du gel. Le dérèglement climatique contraint clairement la filière à revoir certains process et notamment la possibilité de retarder le débourrement.  La première des pistes se trouve donc en amont bien avant le printemps, en taillant plus tard pour retarder le débourrement de plusieurs jours et limiter le risque de gel.

Ensuite, il existe des solutions à l’instant T. Les yeux fixés sur l’application météo de son smartphone, le vigneron dispose de solutions préventives. Des solutions variées et des côuts oscillant du simple au double, voici quelques solutions, pas miracle, mais des solutions quand même.

Des bougies dans les vignes, des braseros voire même des feux de paille. L’objectif est simple : réchauffer l’air  pour minimiser la chute des températures.

 

                                                             (Crédit photo RVF du 08 04 2019Utilisation de bougies en Vouvray & bourgeons gelés en Anjou)

 

Solution plus « extrême », utiliser un hélicoptère pour brasser l’air au dessus des parcelles au petit matin. Le dispositif a été testé en 2017 en Tourraine notamment, et a montré son efficacité. Malgré le cout de l’opération et quelques plaintes du voisinage (bruit & pollution possible), l’enjeu est grand : préserver une filière, une économie et donc des emplois.

Enfin, les installations de tour anti-gel ou d’éoliennes anti-gel, se multiplient depuis quelques années sur de nombreuses exploitations.  Le principe est de ramener l’air plus chaud  vers le sol et de gagner ainsi quelques degrés à proximité des bourgeons. Le domaine du Croc du Merle sur l’appellation Cheverny publiait d’ailleurs sur son site web en 2018 une information à ce sujet à destination des riverains (https://www.domaineducrocdumerle.fr/2018/02/22/tour-anti-gel-vigne-information-riverain/). Une tour protège 3 à 5 hectares mais l’investissement est colossal, il peut chiffrer jusqu’à 100 000 €.

 

 

SI

Avril 2019