Dernier billet du blog : « En avril ne te découvre pas d’un fil... » par sophie

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Auteur : sophie

Date : 06/02/2019

                                                                      Voyage dans le temps

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                                             De la liane du Caucase jusqu’aux amphores de Dionysos

 

 

Les premières traces de vignes apparaissent il y a plus de 12 000 ans dans la région du Caucase. Symbolisée par une chaine de montagnes entre la mer Noire et la mer Caspienne, le Caucase se partage aujourd’hui entre la Russie sur la partie nord, et sur trois pays sur la partie sud : la Géorgie, l'Arménie et l’Azerbaïdjan.

Ses 12 000 km de long parsemés de sommets pouvant atteindre 5500 mètres offraient alors un climat et des conditions propices pour ce fruit le vitis vinifera, ancêtre de nos cépages actuels.

Il s’agit en fait de grandes lianes dont les racines pénètrent profondément le sol mais grimpent tout aussi haut à la recherche de lumière. Il serait difficile de comparer ces lianes sauvages avec nos grappes contemporaines, les avis demeurent divergents sur ce point. En effet, certains experts estiment que les raisins étaient petits, acides voire presque impropres à la consommation quand d’autres y voient des fruits charnus et enivrants gorgés de soleil.

 

Autre berceau du vin, mais celui-ci plus récent, la méditerranée il y a 5000 ans, et plus précisément l’Egypte, la Syrie ou encore la Perse plus à l’Est. L’histoire du vin est étroitement liée à l’histoire des contenants et donc de l’apparition des premières amphores chez les égyptiens. Selon la culture égyptienne, boire du vin rapprochait des dieux et était un moyen de communiquer avec les puissants. L’ivresse demeurant inexplicable, elle n’était que le privilège d’une élite, le vin était alors un symbole de pouvoir et magnificence. Les fouilles archéologiques révélèrent de nombreux sarcophages de pharaons contenant des amphores probablement emplies du fameux nectar comme pour ne pas « manquer » une fois que l’on résiderait dans l’au-delà.

 

Pour autant la qualité des vins égyptiens n’est pas toujours au rendez-vous. Les difficultés à produire dans un climat finalement peu propice poussent ces derniers à acheter du vin à leurs voisins phéniciens notamment. Fins commerçants, ils importeront des hectolitres de vins en provenance de la Phénicie (actuel Liban) ou encore de Syrie et de Palestine. Ils organiseront leur commerce de manière très structurée et seront d’ailleurs les pionniers de l’étiquetage ! En effet, les amphores étaient gravées et comportaient des informations telles que la date de récolte, la provenance, ou encore le producteur !

 

Puis la vigne s’installera en Grèce en 3000 avant J-C. Partie intégrante de la mythologie grecque, la vigne est exploitée par les grecs et ils seront les premiers à travailler sur de vrais procédés de vinification.

Dionysos, fils de Zeus, sortie de la cuisse de son père, est le dieu de la vigne, du vin, des fruits et du renouveau saisonnier. Dionysos est célébré par l’ivresse et les excès. Véritable libérateur, le vin désinhibe et selon la mythologie grecque permet de s’affranchir des limites que la religion impose. Pour les grecs, cette forme de libération leur permettait de sauver leurs âmes et de soulager leur conscience face à un mode de vie plutôt formel.

On célèbre aussi Dionysos par le théâtre. De la tragédie à la comédie, le théâtre permettait aux grecs, pour les mêmes raisons que pour le vin, de se libérer de sentiments et de pensées dissimulés dans l’esprit.

 

En dehors de la mythologie, le vin devient au fil des siècles pour les grecs un élément incontournable illustrant leur puissance. Economiquement dans un premier temps, car il est une formidable monnaie d’échange. Puis, le vin ne sera plus qu’un breuvage mais fera l’objet d’une vinification méticuleuse et de véritables méthodes. Ils penseront pendant longtemps qu’appliquer de la résine sur les parois intérieures de l’amphore permet une plus grande garde du vin alors qu’il s’agissait plutôt de limiter l’oxydation au maximum en rendant l’amphore étanche. Les grecs iront même jusqu’à légiférer quant à la composition du vin et à son commerce.

 

Et le goût dans tout ça ?  Difficile d’imaginer, car le vin ne se conservait pas et tournait vite au vinaigre au sens propre du terme ! De fait, le vin était très souvent coupé à l’eau et particulièrement à l’eau de mer. Il était également commun de rajouter du miel ou encore des épices, le principe de fermentation n’étant pas encore compris à cette époque.

 

Ce voyage dans le temps nous conduit ensuite chez les romains et en Afrique du nord en l’an 1000 avant J-C. Mais patience, si vous m’avez lu jusqu’au ici, vous pourrez attendre le prochain billet sur le blog à ce sujet ;-)

 

SI

Fev 2019

 

// La culture de la vigne dans le monde à partir de 6000 avant J-C //

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atlas Mondial du Vin 7ème édition– Hugh Johnson / Jancis Robinson – Flammarion